Amortissement Jeanbrun : calcul, taux et exemples en 2026

L’amortissement Jeanbrun constitue le principal avantage fiscal du dispositif Relance logement. Il permet aux propriétaires de déduire chaque année une partie de la valeur d’un logement loué vide de leurs revenus fonciers imposables.

Le montant de cette déduction dépend de quatre éléments principaux :

  • le prix d’acquisition du logement ;
  • le montant des travaux éligibles dans l’ancien ;
  • le niveau de location choisi ;
  • le plafond annuel applicable au foyer fiscal.

Le calcul diffère également selon que l’investissement porte sur un logement neuf ou sur un logement ancien avec travaux.

Dans ce guide, nous expliquons comment déterminer la base amortissable, appliquer le bon taux et calculer le montant réellement déductible chaque année.

Pour découvrir toutes les règles du dispositif, consultez notre guide complet du dispositif Jeanbrun.

Qu’est-ce que l’amortissement Jeanbrun ?

L’amortissement Jeanbrun est une déduction fiscale applicable aux revenus fonciers de certains propriétaires bailleurs.

Il permet de répartir fiscalement une partie du coût du logement sur plusieurs années. Chaque année, le propriétaire peut déduire un pourcentage de la valeur amortissable du bien de ses revenus fonciers.

Contrairement à une réduction d’impôt, l’amortissement ne vient pas directement diminuer le montant de l’impôt à payer. Il réduit d’abord le résultat foncier imposable.

Le calcul simplifié est le suivant :

Loyers encaissés moins charges déductibles moins amortissement Jeanbrun égale revenu foncier imposable.

Lorsque l’amortissement diminue le revenu foncier imposable, il peut réduire à la fois :

  • l’impôt sur le revenu ;
  • les prélèvements sociaux applicables aux revenus fonciers.

L’économie fiscale réelle dépend de la situation du propriétaire, de ses autres revenus fonciers et de sa tranche marginale d’imposition.

Quelle est la formule de calcul de l’amortissement Jeanbrun ?

Le calcul s’effectue en plusieurs étapes.

Étape 1 : déterminer la valeur retenue

Dans le neuf, la valeur retenue correspond au prix d’acquisition du logement net de frais.

Dans l’ancien, la valeur retenue correspond au prix d’acquisition net de frais, auquel peut être ajouté le montant des travaux entrant dans le dispositif.

Étape 2 : retirer la valeur du foncier

Le terrain n’est pas amortissable.

Pour le dispositif Jeanbrun, sa valeur est fixée forfaitairement à 20 % de la valeur retenue.

La base amortissable correspond donc généralement à 80 % du prix retenu.

Étape 3 : appliquer le taux d’amortissement

Le taux dépend :

  • du caractère neuf ou ancien du logement ;
  • du niveau de location intermédiaire, sociale ou très sociale.

Étape 4 : appliquer le plafond annuel

Le montant obtenu doit être comparé au plafond annuel applicable au foyer fiscal.

La formule générale est donc la suivante :

Base amortissable = valeur retenue × 80 %

Amortissement annuel théorique = base amortissable × taux d’amortissement

Amortissement annuel déductible = montant théorique limité au plafond annuel du foyer fiscal

Les taux, l’exclusion forfaitaire du foncier et les plafonds sont fixés par l’article 47 de la loi de finances pour 2026.

Quels frais entrent dans la base amortissable ?

Dans le neuf, la déduction est calculée sur le prix d’acquisition du logement net de frais.

Les frais d’acquisition ne sont donc pas intégrés dans la base amortissable Jeanbrun.

Cela concerne notamment :

  • les frais de notaire ;
  • les droits d’enregistrement ;
  • les frais de garantie du prêt ;
  • les frais de dossier bancaire ;
  • les honoraires de courtage ;
  • certains frais d’intermédiation distincts du prix du logement.

Ces dépenses peuvent éventuellement suivre leur propre traitement fiscal lorsqu’elles remplissent les conditions de déduction applicables aux revenus fonciers. Elles ne doivent toutefois pas être ajoutées automatiquement à la base de l’amortissement Jeanbrun.

Exemple

Un appartement neuf est acheté 210 000 €.

Les frais d’acquisition représentent 6 000 €.

La valeur retenue pour calculer l’amortissement reste de 210 000 €, et non de 216 000 €.

La base amortissable est donc de :

210 000 € × 80 % = 168 000 €

Comment calculer la valeur du terrain ?

La valeur du foncier est fixée forfaitairement à 20 % du prix retenu.

Il n’est donc pas nécessaire de faire réaliser une estimation particulière de la valeur du terrain pour appliquer le dispositif.

Exemple

Prix d’acquisition net de frais : 250 000 €

Valeur forfaitaire du foncier :

250 000 € × 20 % = 50 000 €

Base amortissable :

250 000 € moins 50 000 € = 200 000 €

La déduction annuelle sera calculée sur 200 000 €.

Cette règle distingue l’amortissement Jeanbrun de l’amortissement comptable pratiqué en LMNP, pour lequel la répartition entre terrain et construction doit généralement être déterminée à partir des caractéristiques du bien.

Pour comparer les deux mécanismes, consultez notre article Jeanbrun ou LMNP : quel régime choisir ?.

Quels sont les taux d’amortissement dans le neuf ?

Pour un logement neuf, le taux dépend du niveau de loyer pratiqué.

Niveau de location Taux annuel
Location intermédiaire 3,5 %
Location sociale 4,5 %
Location très sociale 5,5 %

Le passage d’un niveau à l’autre permet d’obtenir un taux d’amortissement plus élevé, mais impose également un plafond de loyer plus contraignant.

L’investisseur doit donc comparer l’avantage fiscal supplémentaire avec la baisse éventuelle des recettes locatives.

Retrouvez les règles propres aux logements neufs dans notre guide Jeanbrun dans le neuf.

Quels sont les taux d’amortissement dans l’ancien ?

Pour un logement ancien éligible, les taux sont les suivants :

Niveau de location Taux annuel
Location intermédiaire 3 %
Location sociale 3,5 %
Location très sociale 4 %

Ces taux s’appliquent uniquement lorsque le logement ancien et les travaux remplissent les conditions du dispositif.

Il ne suffit pas de réaliser quelques travaux de rénovation. Selon le type d’opération, les travaux d’amélioration doivent notamment représenter au moins 30 % du prix d’acquisition et satisfaire aux critères d’une réhabilitation lourde.

Les règles sont détaillées dans notre article consacré au dispositif Jeanbrun dans l’ancien avec travaux.

Comment calculer l’amortissement d’un logement neuf ?

Dans le neuf, la formule est la suivante :

Amortissement annuel théorique = prix d’acquisition net de frais × 80 % × taux applicable

Exemple en location intermédiaire

Un investisseur achète un appartement neuf pour 220 000 €, hors frais d’acquisition.

Le logement est loué dans le secteur intermédiaire.

Calcul du foncier

220 000 € × 20 % = 44 000 €

Calcul de la base amortissable

220 000 € moins 44 000 € = 176 000 €

Calcul de l’amortissement

176 000 € × 3,5 % = 6 160 €

L’amortissement annuel théorique est de 6 160 €.

Ce montant reste inférieur au plafond général de 8 000 €. Sous réserve du respect de toutes les conditions, il peut donc être intégralement déduit.

Exemple dans le neuf avec une location sociale

Un appartement neuf est acquis pour 260 000 €, hors frais.

Le logement est affecté à la location sociale.

Base amortissable

260 000 € × 80 % = 208 000 €

Amortissement théorique

208 000 € × 4,5 % = 9 360 €

Le montant théorique est de 9 360 € par an.

Lorsque les conditions de la majoration sociale du plafond sont respectées, le plafond du foyer peut atteindre 10 000 €. L’intégralité des 9 360 € peut alors être déduite.

Si la condition permettant de bénéficier du plafond majoré n’est pas satisfaite, le plafond général de 8 000 € doit être appliqué.

Exemple dans le neuf avec une location très sociale

Un investisseur acquiert un appartement neuf pour 300 000 €, hors frais.

Le logement est affecté à la location très sociale.

Base amortissable

300 000 € × 80 % = 240 000 €

Amortissement théorique

240 000 € × 5,5 % = 13 200 €

L’amortissement théorique est de 13 200 €.

Le plafond maximal pouvant être atteint dans le cadre d’une location très sociale est de 12 000 € par an et par foyer fiscal.

Même lorsque les conditions de cette majoration sont remplies, le montant effectivement déductible est donc limité à 12 000 €.

Comment calculer l’amortissement dans l’ancien ?

Dans l’ancien, le prix d’acquisition peut être majoré du montant des travaux éligibles.

La formule est alors la suivante :

Amortissement annuel théorique = (prix d’acquisition net de frais + travaux retenus) × 80 % × taux applicable

Il faut uniquement intégrer les travaux entrant dans la base prévue par le dispositif.

Une dépense intégrée à la base amortissable ne peut pas être déduite une seconde fois comme charge foncière. La loi exclut expressément la double déduction des travaux retenus pour l’amortissement.

Exemple d’amortissement dans l’ancien

Un investisseur acquiert un appartement ancien pour 140 000 €.

Il réalise 50 000 € de travaux éligibles.

Le logement est affecté à la location intermédiaire.

Valeur retenue

140 000 € + 50 000 € = 190 000 €

Valeur forfaitaire du foncier

190 000 € × 20 % = 38 000 €

Base amortissable

190 000 € moins 38 000 € = 152 000 €

Amortissement annuel

152 000 € × 3 % = 4 560 €

Le montant théorique de l’amortissement est donc de 4 560 € par an.

Il reste inférieur au plafond général de 8 000 €.

Quel est le plafond annuel de l’amortissement Jeanbrun ?

La somme des amortissements Jeanbrun est plafonnée par année et par foyer fiscal.

Situation du foyer Plafond annuel
Plafond général 8 000 €
Majoration sociale Jusqu’à 10 000 €
Majoration très sociale Jusqu’à 12 000 €

Le plafond majoré ne dépend pas uniquement du fait de posséder un logement social ou très social.

Pour bénéficier de la majoration, au moins 50 % des revenus bruts provenant des logements bénéficiant du dispositif doivent être issus de logements affectés :

  • à la location sociale pour la majoration de 2 000 € ;
  • à la location très sociale pour la majoration de 4 000 €.

Le plafond est commun à l’ensemble du foyer fiscal et à l’ensemble des logements concernés.

Le plafond est-il calculé par logement ?

Non. Le plafond est calculé par foyer fiscal.

Un propriétaire détenant plusieurs logements Jeanbrun doit additionner les amortissements théoriques de tous ses biens, puis appliquer le plafond global correspondant à sa situation.

Exemple avec deux logements

Un couple détient deux appartements éligibles :

  • premier logement : amortissement théorique de 5 500 € ;
  • second logement : amortissement théorique de 4 200 €.

Le montant total théorique est de :

5 500 € + 4 200 € = 9 700 €

Si le foyer relève du plafond général de 8 000 €, le montant total déductible est limité à 8 000 €.

Le plafond ne peut pas être appliqué séparément à chaque logement.

Comment répartir le plafond entre plusieurs logements ?

La loi fixe un plafond global par foyer fiscal. Le suivi de l’amortissement doit donc être effectué logement par logement tout en respectant cette limite globale.

Le propriétaire doit conserver un tableau indiquant notamment :

  • la base amortissable de chaque logement ;
  • le taux applicable ;
  • l’amortissement théorique annuel ;
  • le montant effectivement déduit ;
  • le cumul des amortissements déjà pratiqués ;
  • le plafond total utilisé par le foyer.

Lorsque plusieurs logements sont détenus, l’accompagnement d’un professionnel de la fiscalité immobilière peut permettre de sécuriser la répartition et la déclaration.

À quelle date commence l’amortissement ?

Le point de départ dépend de la nature du logement.

Pour un logement neuf

L’amortissement commence le premier jour du mois :

  • de l’achèvement du logement ;
  • ou de son acquisition si celle-ci intervient plus tard.

Pour un logement ancien

L’amortissement commence le premier jour du mois :

  • de l’achèvement des travaux ;
  • ou de l’acquisition si celle-ci intervient plus tard.

La date de signature du bail ne constitue donc pas nécessairement le point de départ de l’amortissement.

Comment calculer l’amortissement de la première année ?

Lorsque le point de départ intervient en cours d’année, la première déduction est calculée en fonction du nombre de mois restant jusqu’au 31 décembre.

La formule est la suivante :

Première annuité = amortissement annuel × nombre de mois concernés ÷ 12

Exemple

Un logement neuf présente un amortissement annuel théorique de 6 000 €.

Son achèvement intervient le 18 septembre et l’acquisition a déjà eu lieu.

L’amortissement commence le 1er septembre.

Les mois concernés sont :

  • septembre ;
  • octobre ;
  • novembre ;
  • décembre.

La première annuité est donc calculée sur quatre mois :

6 000 € × 4 ÷ 12 = 2 000 €

La déduction de la première année est de 2 000 €.

Exemple lorsque l’acquisition intervient après l’achèvement

Un logement est achevé le 10 avril 2026.

L’investisseur signe l’acte authentique le 18 juillet 2026.

La date d’acquisition étant postérieure à la date d’achèvement, l’amortissement commence le 1er juillet 2026.

Si l’amortissement annuel théorique est de 7 200 €, la première annuité est calculée sur six mois :

7 200 € × 6 ÷ 12 = 3 600 €

Pendant combien de temps peut-on amortir le logement ?

La loi prévoit un engagement initial de location d’au moins neuf ans.

Le cumul des amortissements pratiqués ne peut jamais dépasser la valeur amortissable du logement, c’est-à-dire sa valeur après exclusion du foncier.

Exemple

Base amortissable : 176 000 €

Cumul maximal des amortissements pouvant être pratiqués : 176 000 €

Même si le logement reste loué pendant une longue période, le propriétaire ne peut pas déduire un montant total supérieur à cette base.

Le propriétaire doit donc tenir un suivi annuel du cumul des amortissements déduits.

L’amortissement non utilisé est-il reportable ?

La loi fixe un montant d’amortissement annuel à partir d’un taux et prévoit un plafond global par foyer fiscal.

Elle ne doit pas être confondue avec le régime LMNP, dans lequel les amortissements non admis en déduction peuvent faire l’objet de règles spécifiques de report.

En l’absence de précision contraire dans les textes d’application, il ne faut pas intégrer automatiquement un report des montants dépassant le plafond Jeanbrun dans une simulation.

La déclaration doit être établie à partir des règles et formulaires fiscaux applicables à l’exercice concerné.

Comment l’amortissement réduit-il l’impôt ?

L’amortissement diminue le revenu foncier imposable.

Lorsque le propriétaire dispose d’un résultat foncier positif suffisant, l’économie fiscale peut être estimée à partir :

  • de sa tranche marginale d’imposition ;
  • des prélèvements sociaux applicables ;
  • du montant d’amortissement effectivement déduit.

La formule simplifiée est la suivante :

Économie fiscale estimée = amortissement utilisé × (tranche marginale d’imposition + prélèvements sociaux)

Cette formule constitue une estimation. Le résultat réel dépend de l’ensemble de la situation fiscale du foyer.

Exemple avec une tranche marginale de 30 %

Un investisseur perçoit 10 800 € de loyers annuels.

Ses charges déductibles, hors amortissement, représentent 4 200 €.

Résultat sans amortissement

10 800 € moins 4 200 € = 6 600 €

Amortissement Jeanbrun

6 160 €

Résultat après amortissement

6 600 € moins 6 160 € = 440 €

Le revenu foncier imposable passe de 6 600 € à 440 €.

Pour un contribuable imposé dans la tranche marginale de 30 %, avec des prélèvements sociaux de 17,2 %, l’économie fiscale théorique liée à la déduction de 6 160 € peut être estimée à :

6 160 € × 47,2 % = 2 907,52 €

Ce calcul suppose que l’amortissement vient effectivement réduire un revenu foncier qui aurait été imposé à ces taux.

Pour comparer différents profils fiscaux, consultez notre simulation du dispositif Jeanbrun.

L’amortissement peut-il créer un déficit foncier ?

L’amortissement Jeanbrun est déduit dans la catégorie des revenus fonciers.

Selon le montant des loyers, des charges et de l’amortissement, le résultat foncier peut devenir négatif.

Le traitement du déficit dépend ensuite de son origine et des règles générales applicables aux revenus fonciers.

La part provenant des intérêts d’emprunt ne peut pas être imputée sur le revenu global. Elle est reportable sur les revenus fonciers futurs.

La part du déficit provenant des autres dépenses peut, sous conditions, être imputée sur le revenu global dans la limite prévue par la réglementation.

L’effet doit être calculé en tenant compte de l’ensemble des logements et revenus fonciers du foyer, et non en analysant uniquement le bien Jeanbrun.

Les intérêts d’emprunt sont-ils déductibles en plus de l’amortissement ?

Oui, lorsque les conditions générales de déduction des revenus fonciers sont respectées.

Le propriétaire peut notamment déduire :

  • les intérêts du crédit immobilier ;
  • certains frais de dossier ;
  • certains frais de garantie ;
  • certaines primes d’assurance emprunteur.

Le remboursement du capital n’est pas déductible.

Exemple

Loyers annuels : 11 400 €

Intérêts et charges déductibles : 5 000 €

Amortissement Jeanbrun : 5 600 €

Résultat foncier :

11 400 € moins 5 000 € moins 5 600 € = 800 €

Dans cet exemple, le revenu foncier imposable est ramené à 800 €.

Les travaux peuvent-ils être déduits et amortis en même temps ?

Non. Une même dépense ne peut pas être utilisée deux fois.

Lorsque le montant des travaux est intégré dans la base de calcul de l’amortissement Jeanbrun, ces travaux ne peuvent pas également être déduits comme charges des revenus fonciers.

L’investisseur doit donc distinguer :

  • les travaux intégrés à la base amortissable ;
  • les dépenses éventuellement déductibles selon les règles ordinaires ;
  • les dépenses non déductibles ;
  • les frais d’acquisition exclus de la base.

Cette distinction est particulièrement importante dans un projet ancien comportant plusieurs catégories de travaux.

Quel taux choisir ?

Le propriétaire ne choisit pas librement un taux d’amortissement.

Le taux dépend du niveau de location réellement appliqué :

  • intermédiaire ;
  • sociale ;
  • très sociale.

Pour utiliser un taux majoré, le logement doit respecter les plafonds de loyers et de ressources correspondant au niveau concerné.

Le choix doit être effectué à partir d’une comparaison entre :

  • le loyer annuel attendu ;
  • le taux d’amortissement ;
  • le plafond annuel applicable ;
  • le coût du financement ;
  • le niveau de demande locative ;
  • la durée prévisible de vacance ;
  • la fiscalité du propriétaire.

Un taux d’amortissement plus élevé n’est pas systématiquement plus rentable si le plafond de loyer réduit fortement les recettes.

Les barèmes sont présentés dans notre guide sur les plafonds de loyers et de ressources Jeanbrun.

Comparaison des trois niveaux dans le neuf

Prenons un appartement neuf acheté 200 000 €, hors frais.

La base amortissable est de :

200 000 € × 80 % = 160 000 €

Niveau Taux Amortissement théorique
Intermédiaire 3,5 % 5 600 €
Social 4,5 % 7 200 €
Très social 5,5 % 8 800 €

Dans cet exemple, les trois montants restent sous leurs plafonds potentiels respectifs.

La comparaison finale doit intégrer la différence de loyer autorisé entre chaque niveau.

Comparaison des trois niveaux dans l’ancien

Prenons un projet ancien comprenant :

  • un prix d’acquisition de 150 000 € ;
  • 50 000 € de travaux éligibles.

La valeur totale retenue est de 200 000 €.

La base amortissable est de :

200 000 € × 80 % = 160 000 €

Niveau Taux Amortissement théorique
Intermédiaire 3 % 4 800 €
Social 3,5 % 5 600 €
Très social 4 % 6 400 €

L’écart fiscal entre les niveaux doit être comparé à l’écart de loyer annuel.

Quel est l’impact de l’amortissement lors de la revente ?

Les amortissements Jeanbrun effectivement déduits ont une incidence sur le calcul de la plus-value immobilière.

Ils viennent diminuer le prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value brute.

Toutes choses égales par ailleurs, plus le montant cumulé des amortissements est élevé, plus la plus-value brute susceptible d’être imposée peut augmenter.

Cette conséquence ne remet pas automatiquement en cause l’intérêt du dispositif. Elle doit cependant être intégrée dans la simulation globale du projet.

Le calcul est détaillé dans notre article consacré à la revente et à la plus-value d’un logement Jeanbrun.

Les erreurs fréquentes dans le calcul

Intégrer les frais de notaire à la base

Le texte prévoit un calcul à partir du prix d’acquisition net de frais.

Oublier les 20 % de foncier

Seuls 80 % de la valeur retenue sont amortissables.

Appliquer le taux du neuf à un logement ancien

Les taux applicables aux logements anciens sont inférieurs à ceux du neuf.

Déduire deux fois les travaux

Les travaux intégrés à la base amortissable ne peuvent pas être également déduits comme charges foncières.

Appliquer le plafond par logement

Le plafond est calculé par foyer fiscal et non par bien.

Utiliser automatiquement le plafond de 10 000 € ou 12 000 €

Les majorations dépendent de la proportion de revenus bruts provenant des locations sociales ou très sociales.

Calculer une année complète dès le départ

La première annuité doit tenir compte du mois de départ de l’amortissement.

Confondre économie fiscale et amortissement

Une déduction de 6 000 € ne signifie pas une baisse d’impôt de 6 000 €. Elle signifie que le revenu imposable est réduit de 6 000 €.

Ignorer la fiscalité de revente

Les amortissements déduits peuvent augmenter la plus-value brute imposable.

Tableau récapitulatif

Élément Logement neuf Logement ancien éligible
Valeur retenue Prix net de frais Prix net de frais + travaux retenus
Part du foncier 20 % 20 %
Base amortissable 80 % de la valeur retenue 80 % de la valeur retenue
Taux intermédiaire 3,5 % 3 %
Taux social 4,5 % 3,5 %
Taux très social 5,5 % 4 %
Plafond général du foyer 8 000 € 8 000 €
Plafond social potentiel 10 000 € 10 000 €
Plafond très social potentiel 12 000 € 12 000 €
Point de départ Achèvement ou acquisition postérieure Achèvement des travaux ou acquisition postérieure

Questions fréquentes sur le calcul Jeanbrun

Quelle part du prix est amortissable ?

La base amortissable correspond généralement à 80 % du prix retenu, car la valeur du foncier est fixée forfaitairement à 20 %.

Les frais de notaire sont-ils amortissables ?

Non. La loi prévoit une base calculée sur le prix d’acquisition net de frais.

Quel est le taux d’amortissement dans le neuf ?

Il est de 3,5 % en location intermédiaire, 4,5 % en location sociale et 5,5 % en location très sociale.

Quel est le taux dans l’ancien ?

Il est de 3 % en location intermédiaire, 3,5 % en location sociale et 4 % en location très sociale.

Quel est le plafond annuel ?

Le plafond général est de 8 000 € par foyer fiscal. Il peut être majoré à 10 000 € ou 12 000 € lorsque les conditions sociales ou très sociales sont respectées.

Le plafond est-il multiplié par le nombre de logements ?

Non. Il s’applique à l’ensemble des logements du foyer fiscal.

Peut-on ajouter les travaux au prix d’acquisition ?

Oui, pour les travaux entrant dans la base du dispositif applicable aux logements anciens éligibles.

Peut-on déduire les travaux en plus de les amortir ?

Non. Une même dépense ne peut pas être déduite deux fois.

Quand commence l’amortissement ?

Il commence le premier jour du mois d’achèvement du logement ou des travaux, ou de l’acquisition lorsque celle-ci intervient plus tard.

L’amortissement est-il une réduction d’impôt ?

Non. Il s’agit d’une déduction venant réduire le revenu foncier imposable.

L’amortissement augmente-t-il la plus-value à la revente ?

Les amortissements déduits diminuent le prix d’acquisition retenu fiscalement. Ils peuvent donc augmenter la plus-value brute imposable.

Conclusion

Le calcul de l’amortissement Jeanbrun repose sur une méthode précise.

Il faut d’abord déterminer le prix retenu, exclure forfaitairement 20 % correspondant au foncier, puis appliquer le taux associé au type de logement et au niveau de location.

Le montant obtenu doit ensuite être comparé au plafond annuel applicable au foyer fiscal.

Dans le neuf, les taux vont de 3,5 % à 5,5 %. Dans l’ancien, ils vont de 3 % à 4 %. Le plafond annuel est généralement de 8 000 €, avec des majorations possibles pour les locations sociales et très sociales.

Une simulation doit également intégrer les loyers plafonnés, les charges, les intérêts d’emprunt, la première annuité, les autres revenus fonciers et les conséquences fiscales lors de la revente.

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